Le groupe de Mark Zuckerberg a mis à jour son application Meta IA. Cette application permet de débloquer des fonctionnalités intelligentes pour ses lunettes connectées. Mais ce que les utilisateurs ne savent probablement pas nous dit le magasine Wired, c’est que Meta y a ajouté du code permettant d’identifier les personnes filmées par l’objectif de la caméra des lunettes.
Cette fonctionnalité cachée de reconnaissance faciale, nommée NameTag permet de transformer chaque visage en une signature biométrique unique. Les porteurs de lunettes Meta AI pourraient ainsi bien malgré eux venir enrichir la base de données déjà bien fournie de visages et autres données biométriques collectées par le groupe de Zuckerberg. En 2021, Facebook avait annoncé vouloir détruire les données de plus d’un milliard d’utilisateurs (i.e. collectés via la fonctionnalité « taguez vos amis »). Si rien ne nous garantie la destruction de ces données par Facebook, on peut légitimement s’inquiéter du fait que Meta AI continue dans ses pratiques pour le moins sulfureuses (pour ne pas dire malhonnêtes).
En avril 2026, plus de 70 groupes de défense, dont l’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), l’Electronic Privacy Information Center (EPIC) et Fight for the Future, ont demandé à Meta d’abandonner NameTag, mettant en garde contre le risque que cela permettrait aux harceleurs et aux abuseurs d’identifier discrètement des inconnus dans l’espace public. En mai 2026, c’est la CNIL qui appelait à la vigilance face aux risques que font porter les lunettes connectées sur la surveillance de masse et la vie privée.
« Nos concurrents proposent ce type de produit de reconnaissance faciale, pas nous », a déclaré un porte-parole de Meta à WIRED à l’époque. « Si nous devions lancer une telle fonctionnalité, nous adopterions une approche très réfléchie avant toute mise en œuvre. »
Nous sommes donc priés de faire confiance à Meta et à son patron. Après tout, l’innovation vaut bien un peu de sacrifice de notre vie privée.
Et si Meta obtenait le consentement de ses utilisateurs avant d’activer cette fonctionnalité de reconnaissance faciale ?
Woodrow Hartzog, professeur de droit de la vie privée à l’université de Boston, affirme que même une protection basée sur l’opt-in, si Meta finissait par la proposer serait insuffisante. Selon lui, le consentement peut souvent être lié à un emploi, un avantage ou l’accès à un service. Présenter la vie privée comme une question de choix personnel arrange les entreprises : cela n’impose aucune limite significative à la collecte de données, tout en leur permettant de prétendre que les utilisateurs gardent le contrôle.
« Nous savons que plus ces systèmes sont déployés, plus les gens finissent par les considérer comme banals », explique Hartzog. « Et plus nous les percevons comme normaux et routiniers, plus les individus ont tendance à s’appuyer sur eux pour déterminer s’il est souhaitable ou acceptable de se faire scanner le visage. C’est simplement de la psychologie humaine. »
Nous voilà prévenus.
L’article Meta IA construit discrètement une base de données de visages avec ses lunettes connectées est apparu en premier sur Clement Donzel.
